Peu à peu, il devient une unité opérationnelle à part entière, engagée en Tunisie puis aux débuts de la guerre d’Algérie. En 1955, le 3e BEP devient le 3e REP avant d’être dissous quelques mois plus tard. En à peine six ans d’existence, la quasi-totalité des parachutistes légionnaires partis combattre en Extrême-Orient passe par ses rangs, faisant de lui une formation essentielle mais largement méconnue.

Introduction
Depuis 1831, la Légion étrangère est stationnée en Algérie, en Afrique du Nord, et adopte peu à peu ce pays comme sa patrie. En 1848, l’Algérie devient une partie intégrante de la France.
Un siècle plus tard, en 1948, la maison mère de la Légion étrangère s’y trouve toujours. Cette année-là, il est décidé de créer des unités aéroportées au sein de la Légion, destinées à renforcer les troupes françaises engagées dans la guerre d’Indochine, déclenchée à la fin de 1946. Deux bataillons étrangers de parachutistes sont donc constitués en Algérie – le 1er BEP et le 2e BEP – puis envoyés en Extrême-Orient.
Pour maintenir leur effectif opérationnel, il est nécessaire de créer une unité d’instruction chargée de fournir de nouveaux renforts.
7e CIP : 7e Compagnie d’instruction parachutiste
En avril 1949, la Légion étrangère connaît une importante réorganisation. Le 1er Régiment étranger d’infanterie (1er REI, devenu depuis le 1er RE) est recréé en Algérie, remplaçant le Dépôt commun des régiments étrangers (DCRE), qui est dissous à son tour. Le 1er REI aligne deux bataillons chargés de la formation de base des recrues.
Le 2e bataillon du régiment est réparti sur deux endroits. Le premier se trouve à Fort-National (aujourd’hui Larbaa Nath Irathen), près d’Alger, où sont stationnées les 5e et 6e compagnies. Le second est à Mascara, une ville de l’ouest algérien. Avant la Seconde Guerre mondiale, la garnison est connue comme l’un des trois principaux centres d’instruction de la Légion. C’est là que, le 16 avril 1949, est créée la 7e compagnie, sous l’appellation de 7e Compagnie d’instruction parachutiste (7e CIP).
La 7e CIP est commandée par le capitaine Pierre Darmuzai ; il est assisté par d’autres officiers, notamment le lieutenant Georges Marce et le sous-lieutenant Yves Poitevin de la Croix-Vaubois. La mission principale de la 7e CIP est d’assurer la formation de base des jeunes recrues qui demandent à servir dans l’un des deux BEP. Cette formation dure quatre mois et, en plus des exercices habituels d’infanterie, comprend également l’entraînement au combat rapproché ainsi que la préparation aux futurs sauts. Les sauts d’avion obligatoires pour obtenir du brevet de parachutiste sont effectués à l’autre bout de l’Algérie, à Philippeville (aujourd’hui Skikda).
La 7e CIP reste à Mascara pendant six mois, jusqu’en octobre. À cette époque, son effectif atteint environ 250 hommes, chiffre trop élevé pour une seule compagnie. Il est donc décidé de la réorganiser et de la transférer plus près du centre d’entraînement de Philippeville.
Remplacée à Mascara par les 5e et 6e compagnies venant de Fort-National, la 7e CIP quitte la ville pour Sidi Bel Abbès, maison mère de la Légion étrangère depuis les années 1860. Après un certain temps passé dans cette garnison et renforcée par de nouveaux volontaires, la 7e CIP est transférée à l’est de l’Algérie, pour être stationnée à Sétif. La compagnie y est administrativement dissoute le 15 novembre 1949.



3e Bataillon étranger de parachutistes de 1949 à 1951
Le 16 novembre 1949, à Sétif, l’ancienne 7e CIP devient le 3e Bataillon étranger de parachutistes (3e BEP). Le commandement est conservé par le capitaine Darmuzai. Son nouveau bataillon est composé de six officiers, 38 sous-officiers et 275 légionnaires, soit 319 hommes. Parmi les officiers figurent les lieutenants Roger Faulques (qui deviendra plus tard une figure très marquante), Paul Delearde et Jean Borel. Le sous-lieutenant Poitevin de la Croix-Vaubois reste, avec le commandant, le seul membre issu de l’effectif d’origine de l’ancienne compagnie.
Le 3e Bataillon consiste en une unité de commandement (CCB) et de trois compagnies d’instruction et de passage (9e, 10e et 11e). Leur numérotation peut surprendre à première vue, mais elle correspond en réalité à une pratique courante : le 1er BEP est composé des 1re à 4e compagnies, le 2e BEP des 5e à 8e compagnies, et le 3e BEP des 9e à 11e compagnies.
Le nouveau bataillon s’installe dans la caserne Chadeysson, une vieille caserne militaire de Sétif qui, jusqu’en janvier 1949, abritait son bataillon frère, le 2e BEP.
Le 3e BEP est rattaché à la 41e Demi-brigade parachutiste (41e DBP). Située à environ 180 km au nord-est de Sétif, à Philippeville, la 41e DBP y dirige un Centre d’entraînement au saut (CES), le seul centre d’entraînement parachutiste en Algérie à l’époque (la future Base aéroportée d’Afrique du Nord, BAP/AFN).
Comme leurs aînés des deux BEP et de la 7e CIP, les légionnaires du 3e BEP suivent le cours de formation à Philippeville, aux côtés des futurs parachutistes des unités régulières de l’armée française. Ils y effectuent des sauts en parachute, par « sticks » d’une quinzaine d’hommes, et obtiennent ainsi le brevet de parachutiste. Cela représente environ 6 000 sauts par an pour l’ensemble du bataillon.
En même temps, les combattants des BEP rapatriés d’Indochine sont affectés au 3e bataillon à Sétif pour servir de cadres et d’instructeurs aux jeunes recrues. Sétif devient ainsi une véritable maison mère des légionnaires parachutistes.
En 1950, le 3e BEP reçoit son insigne, dessiné par le capitaine Darmuzai.
Deux mois après la création du bataillon, à la mi-janvier 1950, le premier renfort d’environ 100 hommes destiné aux deux BEP part pour l’Extrême-Orient.
En août 1950, un autre renfort important, fourni par le 3e BEP, est déployé en Indochine : il s’agit du détachement du lieutenant Loth, composé de 130 hommes.
Le mois suivant, le lieutenant Buonfils prend le commandement de la 11e compagnie ; il deviendra plus tard chef de corps de la 13e DBLE à Djibouti de 1970 à 1972.
En octobre 1950, une violente bataille se déroule au Tonkin (nord du Vietnam), le long de la Route coloniale 4 (RC4). Le 1er BEP y devient le tout premier bataillon aéroporté français perdu au combat. Le détachement du lieutenant Loth participe à cette bataille et est également anéanti.
À la mi-décembre, les 48 survivants du 1er BEP de la RC4 arrivent à Sétif, sous les ordres du capitaine Jeanpierre. Ils sont accueillis par le 3e BEP, en présence des hautes autorités civiles et militaires.
À la suite de cette bataille, le 3e BEP reçoit l’ordre de se rendre en Indochine pour y recréer le bataillon perdu. Ainsi, à la mi-février 1951, le capitaine Darmuzai, avec 13 officiers, 32 sous-officiers et 441 légionnaires, quitte l’Algérie. Au Tonkin, un mois plus tard, le bataillon est renforcé par une compagnie du 2e BEP et devient le nouveau 1er BEP.
À Sétif, il ne subsiste qu’un dépôt du 3e BEP. Le chef de bataillon Albert Brothier en prend le commandement. Cependant, le dépôt est rapidement renforcé par de nouveaux volontaires venant de Sidi Bel Abbès, et un nouveau 3e BEP est rétabli dans les mois qui suivent.
Plus tard dans l’année, le bataillon adopte le béret vert comme coiffure, en remplacement du képi recouvert de toile kaki (porté pour les manœuvres en dehors des casernes). Le béret vert est d’abord utilisé par les parachutistes de la Légion en Indochine en 1948, au sein de la Cie Para du 3e REI. En 1951, les deux BEP l’adoptent à leur tour, bientôt suivis par le 3e BEP. Huit ans plus tard, à la fin de l’année 1959, le béret vert est prescrit comme coiffure officielle pour l’ensemble de la Légion.






3e Bataillon étranger de parachutistes en 1952
Au début de l’année 1952, le protectorat français de Tunisie, situé à l’est de l’Algérie, connaît ses premières actions de rébellion après plusieurs décennies de paix. Les rebelles tunisiens (appelés fellaghas), dirigés par Habib Bourguiba, profitent de la situation difficile à laquelle la France est confrontée en Indochine. Ils se constituent en petits groupes armés dans des régions reculées et lancent leurs premières attaques. Les troupes françaises sont mises en alerte en Tunisie et dans le nord-est de l’Algérie.
Le 3e BEP est envoyé dans le protectorat pour participer à l’opération Mars, aux côtés de ses camarades du 6e REI, stationnés en Tunisie. Le 26 janvier, le bataillon s’installe à Bou Ficha, ville située à environ 60 km au sud de Tunis, la capitale. Les légionnaires du bataillon opèrent alors dans la péninsule du Cap Bon, notamment à Tazerka et à Nabeul.
Du 4 au 10 février, ils assurent le maintien de l’ordre à Sousse, ancienne garnison des cavaliers du 1er REC entre 1922 et 1940. À la mi-février, ils sont chargés du maintien de l’ordre à Gafsa et à Sfax, tandis que la 9e compagnie patrouille à Gabès.
Le 12 mars, à Sousse, un détachement du 3e BEP participe à une cérémonie organisée au cimetière de la Légion pour commémorer les légionnaires tombés qui y reposent. Y assistent également d’anciens légionnaires du 1er REC, rassemblés autour de l’ex-adjudant-chef Millarewsky, ainsi que le colonel Gardy, alors commandant de la Légion étrangère (et ancien officier du 1er REC).
Finalement, la rébellion est réprimée et, au début du mois de juillet 1952, cette opération, restée peu connue, prend fin. Le 3e BEP rentre alors à Sétif.
Entre-temps, à la mi-mai 1952, le commandant Brothier quitte le bataillon pour remplacer le capitaine Darmuzai à la tête du 1er BEP (ex-3e BEP) en Indochine. Le chef de bataillon Paul Dussert lui succède. C’est un ancien d’Extrême-Orient : au début de 1946, il fait partie des tout premiers éléments de la Légion à y arriver, à la tête de la 1re compagnie du 2e REI. Par la suite, il sert pendant deux ans au 2e BEP (1948-1950), dont il prend même le commandement pendant une courte période, avant d’être grièvement blessé et rapatrié. Il reste néanmoins un officier peu connu de la Légion étrangère.
Pour commémorer les parachutistes de la Légion étrangère tombés au champ d’honneur, un monument aux morts est élevé dans la caserne du 3e BEP à Sétif. L’œuvre est placée sous la supervision du lieutenant Audoye, l’un des trois tout premiers officiers des parachutistes de la Légion et un ancien de la Cie Para du 3e REI en Indochine, première unité parachutiste de la Légion. Le monument est inauguré par le colonel Gardy le 5 octobre 1952. Quinze ans plus tard, en 1967, il est transféré en Corse et installé au futur camp Raffalli de Calvi, la nouvelle base du 2e REP (ex-2e BEP).








3e Bataillon étranger de parachutistes de 1953 à 1954
On ne dispose que de peu d’informations sur le 3e BEP en 1953. À cette époque, toutes les unités de la Légion étrangère stationnées en Afrique du Nord assurent la formation des volontaires et des nouveaux légionnaires. La situation en Indochine va de mal en pis. Les autorités françaises demandent à la Légion d’y déployer davantage de troupes. En conséquence, ses unités en Afrique du Nord sont considérablement réduites, parfois jusqu’à la limite de leurs capacités, ce qui touche même le 3e BEP.
Le bataillon poursuit sa mission de formation. Il participe également à plusieurs exercices militaires. L’un d’entre eux se déroule en Kabylie, dans le nord de l’Algérie, à l’est d’Alger, à la fin du mois de juillet. Le 3e BEP y prend part, aux côtés d’un bataillon du 1er REI.
Si nécessaire, les différents groupements du bataillon sont en mesure de contribuer au maintien de l’ordre sur le territoire. Le 3e BEP mène aussi de nombreuses activités sportives. Ses équipes jouent au football, au volley-ball, au handball ou pratiquent le judo. En 1953 et 1954, l’équipe de handball du 3e BEP devient championne militaire de l’Algérie.
De la mi-février au début du mois de mars 1954, une grande manœuvre militaire se déroule entre Oujda, au Maroc – autre protectorat français situé à l’ouest de l’Algérie – et Nemours (aujourd’hui Ghazaouet), en Algérie. Elle a pour mission de rétablir l’ordre dans cette région de la frontière maroco-algérienne, où des troubles persistent depuis le mois d’octobre précédent. Le 3e BEP y séjourne pendant trois semaines, aux côtés des cavaliers du 2e REC.
Parallèlement, de plus en plus de renforts arrivent à Sétif pour rejoindre le bataillon. La situation en Indochine reste mauvaise. À la mi-mars, une bataille décisive commence au Tonkin : la bataille de Diên Biên Phu. Les 1er et le 2e BEP y prennent part. Quelques semaines plus tard, les autorités décident qu’un autre bataillon de Légion étrangère doit être envoyé en Extrême-Orient et, au besoin, parachuté sur Diên Biên Phu. Le 3e BEP est désigné.
À la mi-avril, le commandant Georges Masselot se porte volontaire pour prendre le commandement du 3e BEP et partir avec l’unité en Indochine. Officier de Légion bien connu, il a été grièvement blessé avec le 12e REI en France en 1940. Il remplace le commandant Dussert, qui refuse de retourner en Extrême-Orient. Le 4 mai, Masselot et le 3e BEP, fort d’environ 500 hommes, quittent l’Algérie.
Trois jours plus tard, pourtant, la bataille de Diên Biên Phu est terminée. Les deux BEP ont subi de lourdes pertes et sont déclarés détruits. Le 25 mai, le 3e BEP débarque à Haïphong, au Tonkin. Le 1er juin, par décision des autorités, il devient le nouveau 2e BEP.









Dépôt des BEP en 1954
Pendant ce temps, un petit dépôt reste en place à Sétif, rebaptisé Compagnie de dépôt des BEP. Le chef de bataillon Dussert, ancien commandant du 3e BEP, en demeure le chef. Rattaché administrativement au Dépôt commun de la Légion (DCLE) de Sidi Bel Abbès, le dépôt comprend une unité de commandement, un groupement d’instruction et un groupement d’anciens d’Indochine. Il continue d’assurer la formation de parachutistes et de fournir des renforts destinés aux deux BEP recréés en Indochine.
Mais cela ne dure pas longtemps. En août 1954, la guerre d’Indochine prend fin. Pour les 1er BEP et 2e BEP, les opérations militaires s’achèvent. Toutes les troupes françaises, y compris les unités de la Légion étrangère, doivent quitter l’Extrême-Orient, après plus de soixante-dix ans de présence française.
Entre-temps, à Philippeville, les légionnaires effectuent des sauts mensuels sur la plage militaire. Un concours de tir est organisé par la 41e DBP, au cours duquel les hommes du dépôt se distinguent.
Cependant, la vie relativement calme prend fin. En Afrique du Nord, un autre conflit commence pour la France. Dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre 1954, plus de trente attentats éclatent en divers points du territoire algérien, visant notamment des objectifs militaires à Batna, Biskra et dans le secteur d’Arris, au cœur du massif des Aurès-Nementcha. Cette vague d’attaques, revendiquée par les rebelles du FLN, est rétrospectivement considérée comme le début de la guerre d’Algérie.
En réaction immédiate, une compagnie de marche est constituée au sein de la Compagnie de dépôt des BEP. Commandée par le capitaine Audigier, avec le lieutenant Fayette comme adjoint, elle rassemble cinq officiers, 19 sous-officiers et 136 légionnaires, soit 160 hommes au total, et est envoyée vers Batna, où elle arrive le 2 novembre 1954. C’est une ville de la région de Constantine, au sud-est de Sétif.
Dans les jours qui suivent, la compagnie participe au rétablissement de l’ordre et reprend successivement plusieurs points d’appui et bases militaires à Batna, Edgard-Quinet, T’kout, Arris et Biskra. Elle devient ainsi la première unité de parachutistes de la Légion engagée dans la guerre d’Algérie.
Par la suite, la compagnie patrouille dans le secteur de Biskra jusqu’en janvier 1955. Dotée d’un train de mulets, elle ne se limite pas aux seules opérations de sécurisation : elle construit une piste d’atterrissage, construit et aménage des pistes, facilitant ainsi le mouvement des forces françaises dans cette zone stratégique au début du conflit. Le 15 janvier, elle devient la 9e compagnie du 3e BEP.





3e Bataillon étranger de parachutistes de 1954 à 1955
Alors que les 1er et 2e BEP sont toujours déployés en Indochine et que la situation en Afrique du Nord s’aggrave, il est décidé de reconstituer le bataillon de parachutistes. Pour la troisième fois, le 1er décembre 1954, le 3e Bataillon étranger de parachutistes renaît à Sétif. Le chef de bataillon Dussert en conserve le commandement.
Les missions du bataillon évoluent avec la fin de la guerre d’Indochine et l’intensification des activités des insurgés en Algérie. Même s’il continue d’assurer la formation des légionnaires destinés aux BEP, le 3e BEP devient avant tout une unité opérationnelle chargée de maintenir l’ordre et de faire face aux rebelles.
3e BEP en Algérie en 1954-1955
- Compagnie de commandement – N/A
- 9e Compagnie – capitaine Audigier
- 10e Compagnie – capitaine Borel
- 11e Compagnie – capitaine Allaire
- Compagnie d’appui – capitaine Buonfils
À la mi-janvier 1955, une cérémonie de passation de commandement a lieu. Le chef de bataillon Darmuzai reprend le commandement de son ancien bataillon, qu’il a contribué à former en 1949. Le commandant Dussert quitte le 3e BEP après presque trois années passées à la tête des légionnaires à Sétif.
En février, le 1er BEP du commandant Jeanpierre rentre d’Indochine et s’installe à Tébessa, près de la Tunisie. Il y a désormais deux BEP opérant dans l’est de l’Algérie.
En avril, le 3e BEP opère toujours dans le secteur de Biskra. En mai, il est transféré à Batna. Le bataillon s’installe au camp de Passage, un camp de tentes, et y reste jusqu’au début du mois de novembre 1955.
Le 20 juillet, un accrochage avec les rebelles a lieu au djebel Bosdane, au nord-ouest de Batna. L’aspirant Cevaer et sa section de la 10e compagnie abattent le premier rebelle officiellement tué par le 3e BEP en Algérie. En août, les hommes participent à des opérations dans la chaîne de l’El Mhader, au nord-est de Batna.





3e Régiment étranger de parachutistes
En 1955, la réorganisation de l’armée française en Afrique du Nord touche également les légionnaires parachutistes en Algérie. Le 1er septembre 1955, les deux BEP sont transformés en régiments. Le bataillon stationné à Batna devient donc le 3e Régiment étranger de parachutistes (3e REP), toujours sous les ordres du chef de bataillon Darmuzai. Le 3e REP poursuit les missions de l’ancien bataillon : c’est une unité opérationnelle chargée de maintenir l’ordre dans l’est de l’Algérie et de traquer les rebelles. En outre, il assure la formation des futurs parachutistes.
3e REP en Algérie en 1955
- Compagnie de commandement
- 9e Compagnie
- 10e Compagnie
- 11e Compagnie
- Compagnie d’appui
Comme on peut le constater, la composition reste inchangée, tout comme l’effectif. À l’époque, une section moyenne du régiment se compose de 15 à 20 hommes, ce qui porte l’effectif total à environ 350 légionnaires.
Entre septembre et novembre 1955, le 3e REP mène des opérations dans le secteur de Batna et à l’est de celui-ci, dans la région de Khenchela. La compagnie d’appui opère plus au sud, dans le secteur de Biskra. Le 18 septembre, la 9e compagnie du 3e REP détruit un groupe de rebelles (le chef et dix hommes) au nord-ouest de Khenchela ; deux légionnaires sont blessés.
Le 1er octobre, le 3e REP est officiellement implanté à la caserne Mangin, à Philippeville. Néanmoins, seule la base arrière du capitaine Ferrer, qui se trouvait jusqu’alors à Sétif, y est installée. Le reste du régiment continue d’opérer dans les secteurs de Batna et Biskra. Le 9 novembre, le 3e REP quitte son camp de tentes et se déplace en ville pour être installé dans un collège de Batna.
Plus tard ce même mois, les opérations s’intensifient. Le 17 novembre, la section du lieutenant Branca, de la 11e compagnie, participe à un nouvel accrochage avec les rebelles. L’accrochage a lieu au djebel Amrane, à l’est de Batna. Ce jour-là, quatre rebelles sont tués et quatre autres sont capturés.
Deux jours plus tard, le 19 novembre, c’est au tour de la 10e compagnie du 3e REP d’affronter les rebelles, au djebel Fortass, dans la région de Constantine. Cette fois, un officier tombe : le lieutenant Raymond Cherfallot. Il devient le premier officier parachutiste de la Légion tué en Afrique du Nord. Sept ans plus tôt, à la mi-novembre 1948, Cherfallot avait débarqué avec la 1re compagnie du 1er BEP en Indochine.
Le 26 novembre, la 9e compagnie du 3e REP tombe dans une embuscade tendue par les rebelles au djebel Maaguel, au nord de Batna. Un légionnaire est tué et un autre blessé.
Alors que le 3e REP se bat contre les insurgés algériens, le 2e BEP du commandant Masselot, en réalité l’ex-3e BEP de mai 1954, est rapatrié d’Indochine. Le 18 novembre, il débarque en Algérie et se dirige vers Philippeville. Néanmoins, en Algérie, il n’y a pas de place pour trois unités de parachutistes de la Légion. L’une d’entre elles ne survivra pas.
Ainsi, le 30 novembre 1955, à Philippeville, le 3e Régiment étranger de parachutistes est dissous. Avec seulement treize semaines d’activité opérationnelle, il reste le régiment permanent de la Légion étrangère ayant eu l’existence la plus brève.
Le lendemain, le 3e REP participe, aux côtés du 2e BEP, à la formation d’une nouvelle unité : le célèbre 2e Régiment étranger de parachutistes (2e REP), créé à Philippeville le 1er décembre 1955. Tandis que le 2e BEP fournit le personnel des 1re et 2e compagnies du nouveau régiment, les hommes de la 9e compagnie viennent renforcer les 10e et 11e compagnies, qui deviennent à leur tour les 3e et 4e compagnies du 2e REP.
Ainsi s’achève définitivement, au bout de six ans, l’histoire du 3e Régiment étranger de parachutistes sans l’existence de laquelle, et sans son travail acharné, les deux bataillons d’Indochine n’auraient pas pu tenir ; une unité qui a permis, à deux reprises, de reconstituer entièrement chacun des bataillons, et par laquelle, au cours de ces six années, sont passés pratiquement tous les légionnaires parachutistes combattant loin en Extrême-Orient.
Quant au chef de bataillon Darmuzai, il prend le commandement du Groupement porté de Légion étrangère du Maroc (GPLEM), en janvier 1956. Trois ans plus tard, il retrouve le 2e REP et, en 1960, en devient le chef de corps. L’année suivante, pourtant, leurs chemins se séparent soudain et définitivement. Mais cela appartient déjà à une autre histoire.











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Principales sources d’informations :
Képi blanc revues
Hommes de Guerre revues
Bulletins de la Légion étrangère
J. Brunon, G.-R. Manue, P. Carles: Le Livre d’Or de la Légion (Charles-Lavauzelle, 1976)
Henri Le Mire: L’épopée moderne de la Légion 1940-1976 (SPL, 1978)
Alain Gandy: La Légion en Indochine (Presses de la Cité, 1988)
J. P. Benavente: More Majorum – Le 2e REP (Technic Imprim, 1982)
Pierre Dufour: Légionnaires parachutistes (Editions du Fer, 1989)
Pierre Montagnon: Histoire de la Légion (Pygmalion, 1999)
Pierre Montagnon: Les parachutistes de la Légion (Pygmalion, 2005)
Jean Luc Mesager & collective: Légionnaires parachutistes 1948-2008 (L’Esprit du Livre, 2008)
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L’article original : 3rd Foreign Parachute Regiment
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En savoir plus sur l’histoire de la Légion :
Compagnie Parachutiste du 3e REI
Legionnaires parachutistes pendant la Seconde Guerre mondiale
Accident du Mont Garbi de 1982
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Tous nos articles en français sur la Légion étrangère
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La page a été mise à jour le : 4 décembre 2025
