Pelotons de Réparation de Légion Etrangère

Les quatre Pelotons de Réparation de Légion Etrangère ont été créés en Afrique du Nord dans les années 1940 et 1950, pour assurer les missions ressortissant du Service du Matériel au profit des unités de Légion comme des autres troupes françaises stationnées principalement dans cette région. Néanmoins, l’un des pelotons était stationné en Afrique-Occidentale française (A.O.F.).

Ces unités sont composées de légionnaires mécaniciens-spécialistes qui peuvent réparer non seulement des automobiles, mais aussi des autres machines et engins. Ils jouent un rôle très utile et actif, tant dans leurs ateliers qu’en équipes mobiles. Les derniers Pelotons de Réparation de Légion ont été dissous à la fin de décembre 1954, remplacés par des mécaniciens organiques du Service du Matériel.

 
Pelotons de Réparation de Légion Etrangère - Historique - PRLE

 

Peloton de Réparation de Légion Etrangère N° 1

Le Peloton de Réparation de Légion Etrangère N° 1 (PRLE 1) est créé à Ouargla en Algérie vers la fin de 1948. Le peloton est rattaché administrativement à la 2e CSPL, une Compagnie Saharienne stationnée à Laghouat, environ 350 km au nord-ouest de Ouargla. Le 1er Peloton de Réparation de Légion Etrangère est au profit des unités ayant servi dans l’Est de l’Algérie, au nord du désert du Sahara, dans le Territoire des Oasis. Le PRLE 1 est dissous le 31 décembre 1954.

Il est plus que plausible que ce Peloton de Réparation est en fait le successeur de la 1re CLERA (Compagnie de Légion étrangère de réparation automobile), l’une de ces unités mythiques de la Légion effacées de l’histoire. Cette compagnie est active en 1948 (jusqu’en novembre) est installée, elle aussi, à Ouargla, sous les ordres du Capitaine Bernard. Mais cet officier est en fait le premier commandant de la 2e CSPL, entre 1946 et 1950, et sa Cie Saharienne était basée dans la même ville (Ouargla) depuis 1946 jusqu’en mars 1948.

Cette situation curieuse n’est pourtant pas inhabituel dans la Légion. Un commandant pourrait être chargé par ses supérieurs de former un embryon d’une autre unité au sein de son unité actuelle, avec ses propres hommes, pour faciliter l’administration initiale et accélérer l’expansion et l’autonomie de nouvelle unité.

Cependant, dans une territoire relativement calme et déserte de l’Afrique du Nord à l’époque (1948), pendant la guerre d’Indochine et les opérations militaires à Madagascar, garder une compagnie entière de réparation pourrait être évalué comme un luxe inutile et donc rejeté par les autorités françaises. Au lieu de cela, un peloton de réparation a été créé.

 

PRLE - Réparation - Dodge 6x6 - Algerie - Légion Etrangère
Depannage d’un Dodge 6×6 par les légionnaires du PRLE au Sahara.

 

Peloton de Réparation de Légion Etrangère N° 2

Le Peloton de Réparation de Légion Etrangère N° 2 (PRLE 2) est formé à Colomb-Béchar en Algérie vers la fin des années 1940. Il est rattaché administrativement à la 1re CSPL, une autre Compagnie Saharienne de Légion, stationnée 200 km au nord-est de Béchar, à Aïn Sefra. Le peloton est au profit des unités ayant servi dans le Nord-Ouest de l’Algérie, à la frontière avec le Maroc. Le PRLE 2 est dissous le 31 décembre 1954.

PRLE 2 - Réparation - AM-M8 - Algerie - Légion Etrangère
Changement d’un moteur d’un AM-M8 de la 1re CSPL par les légionnaires du PRLE 2, près de Fort Flatters.

 

Peloton de Réparation de Légion Etrangère N° 3

Le Peloton de Réparation de Légion Etrangère N° 3 (PRLE 3) est constitué à Gabès en Tunisie, probablement vers la fin des années 1940. Le peloton est rattaché administrativement au 6e REI, installé au Kef, une ville située 300 km au nord-ouest du Gabès. Le peloton appuie des unités ayant servi en Tunisie. Le PRLE 3 est dissous, lui aussi, le 31 décembre 1954.

PRLE 3 - Gabes - Colonel Laimay - Tunisie - Légion Etrangère
Colonel Laimay du GALE (commandement de la Légion) inspecte les légionnaires du PRLE 3 à Gabès en Tunisie, 1954.
PRLE 3 - Gabes - Tunisie - Légion Etrangère
Légionnaires et éléments organiques du Service du Matériel du PRLE 3 à Gabès en Tunisie, 1954.

 

Peloton de Réparation de Légion Etrangère N° 4

Le Peloton de Réparation de Légion Etrangère N° 4 (PRLE 4) est le plus connu des quatre pelotons. C’est la seule unité de Légion jamais stationnée en permanence en A.O.F., et en plus, pendant la guerre d’Indochine (1946-54). Le peloton est créé à Sidi-Bel-Abbès (alors la Maison mère de la Légion) en Algérie le 1er juillet 1950, avec des légionnaires spécialisés rentrés d’Indochine.

Le PRLE 4, sous les ordres du Capitaine Busière, est rattaché administrativement au DCLE (Dépôt commun, le futur 1er RE), stationné à Sidi-Bel-Abbès lui-même. Plus tard en juillet, le peloton quittait la garnison à destination de la Haute-Volta (aujourd’hui le Burkina Faso, un pays situé au sud du Mali), par Dakar en Sénégal, où il arrive le 29 juillet 1950. Quelques jours apres, le PRLE 4 s’installe à Bobo-Dioulasso, la capitale coloniale du pays.

Dans les sources officielles, il n’y a aucune mention plus détaillée sur la mission du peloton en Haute-Volta. Mais dans le territoire à l’époque, la France modernisait le réseau routier et renforçait des moyens des services chargés de l’entretien des routes. Également, à Bobo-Dioulasso, la direction régionale de la Compagnie française pour le développement des fibres textiles (CFDT), une compagnie significative qui avait pour mission d’organiser au mieux la culture du coton, y est installée. Donc, il y avait sans doute beaucoup de voitures et engins dans la région pour réparer.

Ce qui est intéressant, c’est que le PRLE 4 était vraisemblablement la seule unité française européenne stationnée en Haute-Volta à cette époque.

En octobre 1950, une seconde fraction du PRLE 4 est arrivée de Sidi-Bel-Abbès en A.O.F. Il est placée à Kati, près de Bamako (alors Soudan, le Mali à présent), 500 km au nord-ouest de Bobo-Dioulasso. Il y avait aussi un grand chantier de la route importante dans cette région.

Le climat de l’A.O.F. est dur, la chaleur est lourde. Néanmoins, les légionnaires donnent le maximum et les travaux furent toujours bien exécutés.

Cependant, à partir de décembre 1951, les libérables en Haute-Volta rentraient individuellement à Sidi-Bel-Abbès. Il ne reste que 22 hommes. Ces derniers avec leur capitaine quittent Bobo-Dioulasso le 23 juillet 1952, deux ans après leur arrivée. À Abidjan en Côte d’Ivoire, où les hommes font une escale de quelques jours, le PRLE 4 est officiellement dissous le 29 juillet 1952.

Le 5 août, le peloton arrive à Dakar, où l’attendait déjà le détachement de Kati. Après un voyage à bord d’un bateau (Canada) et deux jours de repos à Casablanca au Maroc, les légionnaires du Capitaine Busière arrivent en train à Sidi-Bel-Abbès le 13 août 1952. [1]

1. Pour ceux qui utilisent le livre magnifique de Tibor Szecsko sur les insignes de la Légion et qui voient les légères différences dans les informations et les dates: cet article suive les sources originales, c'est pourquoi les informations et les dates sont un peu plus précises. Merci pour votre compréhension.
 

PRLE 4 - Peloton de Réparation - Insigne - Haute Volta - Légion Etrangère
L’insigne du PRLE 4, créé par le Capitaine Busière en 1950.

PRLE 4 - Peloton de Réparation - Fanion - Haute Volta - Légion Etrangère
Le fanion du PRLE 4 utilisé en Haute-Volta en 1950-52.
PRLE 4 - Légionnaire dans l'atelier - Bobo Dioulasso - Haute Volta - Légion Etrangère
Un légionnaire du PRLE 4 dans son atelier à Bobo-Dioulasso, 1951.
PRLE 4 - Captain Bousiere - Bobo Dioulasso - Haute Volta - Légion Etrangère
Le Capitaine Busière à la tête du PRLE 4 à Bobo-Dioulasso en Haute-Volta, 1951. Une photo rare des légionnaires en cette région de l’Afrique pour une longe période. Néanmoins, vers la fin des années 2010, les légionnaires sont retourné en Haute-Volta (aujourd’hui Burkina Faso) dans le cadre de l’Opération Barkhane.

 

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L’article original: Foreign Legion Repair Platoons in Africa

 

 

Principales sources d’informations et d’images:
Képi blanc revues
Plaquettes annuelles de la Légion Etrangère
Google Maps
Wikipedia.org

 

 

Les autres articles en français:
Deuxième Légion Etrangère – Légion Suisse
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3e Bataillon de Marche de la Légion Etrangère
2e Régiment Étranger de Cavalerie
3e Régiment Étranger de Parachutistes
6e Régiment Étranger d’Infanterie
11e Régiment Étranger d’Infanterie
12e Régiment Étranger d’Infanterie

 

 

Les autres unités de réparation de la Légion dissous (en anglais):
Foreign Legion’s Repair Companies in French Indochina 1946-56

 

 

La page a été mise à jour le : 30 décembre 2019

 

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