GPLEA : Groupement Porté de Légion Etrangère d’Algérie

Le Groupement porté de Légion étrangère d’Algérie (GPLEA) est une unité d’infanterie motorisée, d’une existence éphémère, qui sert pendant la guerre d’Algérie. Le groupement comprend trois compagnies portées qui maintiennent l’ordre dans l’Est du pays. Le GPLEA est dissous en octobre 1956 et ses compagnies sont incorporées au 2e Régiment étranger d’infanterie (2e REI).

GPLEA - 21e CPLE - 22e CPLE - 23e CPLE - Groupement Porté de Légion Étrangère d'Algerie

 

Le 6e Bataillon du 1er REI en 1954–1955

En août 1954, la guerre d’Indochine est terminée. Mais en Afrique du Nord — au Maroc, en Tunisie et en Algérie — une autre guerre contre la France commence. Pour répondre immédiatement à ces activités rebelles, de nouvelles unités de la Légion étrangère seront constituées par le gouvernement dans les mois suivants. Parmi elles, un tout premier bataillon d’infanterie entièrement motorisé devait être créé au sein du 1er REI : le 6e Bataillon, héritier d’une histoire prestigieuse.

Le nouveau bataillon devait se composer de trois compagnies portées, c’est-à-dire d’unités d’infanterie motorisée de haute mobilité dont la troupe est transportée par des véhicules légers. En fait, il s’agit d’une évolution des compagnies montées.

Les trois compagnies sont formées entre novembre 1954 et janvier 1955. Le commandement du 6e Bataillon devait être confié au chef de bataillon Reppelin, un ancien commandant du III/5e REI en Indochine en 1952–1953. Toutefois, faute d’officiers et de sous-officiers de Légion en Afrique du Nord (en ce temps-là, la majeure partie de la Légion reste encore en Indochine), on ne peut pas constituer un état-major suffisant pour cette nouvelle unité ; ses trois compagnies semi-autonomes restent donc considérées comme « fictives ».

Détail curieux : les hommes servant dans les trois compagnies portées ont le droit de porter la fourragère aux couleurs du ruban de la Croix de guerre des théâtres d’opérations extérieurs (TOE) de l’ancien VI/1er REI. Ce bataillon avait reçu cette décoration pour ses faits d’armes au Maroc en 1925–1926, pendant la guerre du Rif. Mais ce privilège ne durera que quelques semaines. D’ailleurs, le 1er Régiment étranger (1er RE) d’aujourd’hui a hérité, en 2019, de la même fourragère de son ancien 6e Bataillon.

Fin juin 1955, la portion centrale de la Légion est complètement réorganisée ; le 6e Bataillon est supprimé et ses trois compagnies portées déjà existantes deviennent indépendantes :

 

Legion étrangère - Algérie - 1er Regiment Etranger - 1er REI - 6e Bataillon - Cba Reppelin - fourragere du VI/1er REI - 23eme CPLE - 1955
Aïn Sefra, mars 1955. Le commandant Reppelin, chef du VI/1er REI (qui n’existait alors que sur le papier), remet aux légionnaires de la 23e Compagnie portée la fourragère aux couleurs du ruban de la Croix de guerre des TOE. À noter, l’actuel 1er Régiment étranger a hérité en 2019 de la même fourragère de son ancien 6e Bataillon.

 

Les CPLE et le GPLEA en Algérie en 1955–1956

Au début, les compagnies étaient équipées de half-tracks et de scout-cars américains. Mais la plupart des half-tracks et des scout-cars seront échangés contre des véhicules mieux adaptés aux régions désertiques. Chaque compagnie nouvellement autonome est alors composée d’une section de commandement, de trois sections portées (dotées de cinq Dodge 6×6 chacune) et d’un peloton blindé qui comprend cinq automitrailleuses AM-M8. Un Dodge WC-56 (command car) ou des Jeep servent au capitaine et aux chefs de section ; plusieurs camions GMC et quelques half-tracks complètent en général la compagnie portée, qui compte à peu près 150 hommes.

Les compagnies participent aux opérations dans les régions montagneuses de l’Est du pays (dans l’Aurès et les Nementchas) et sur la frontière tunisienne, où les activités rebelles sont nombreuses et les plus graves. De temps en temps, elles sont rattachées à un groupement interarmes provisoire. Mais ce n’est qu’au début de 1956 qu’est prise la décision de rassembler ces trois unités au sein d’un groupement autonome.

Ainsi, le 1er février 1956, le Groupement porté de Légion étrangère d’Algérie (GPLEA) est créé. L’objectif du nouveau groupement est de réunir les trois compagnies portées dispersées dans l’Est de l’Algérie et qui formaient corps jusqu’alors.

En réalité, c’est une réincarnation partielle de l’ancienne idée d’un bataillon porté et, en même temps, un effort pour constituer en Algérie une unité sœur du Groupement porté de Légion étrangère du Maroc (GPLEM). Néanmoins, le GPLEA fait face aux mêmes problèmes administratifs que son prédécesseur, le VI/1er REI.

Sous les ordres du chef de bataillon Marcel Calvin, l’état-major provisoire du GPLEA s’implante à Djelfa, la base arrière de la 22e CPLE depuis septembre 1955. C’est une ville au centre du pays, située au pied de l’Atlas saharien.

Le 1er mai 1956, le commandement du GPLEA est confié au lieutenant-colonel Jean Rossi, chef de corps de la 13e DBLE (Demi-brigade de Légion étrangère) jusqu’en avril. Au cours du même mois, le capitaine Magnas de la 23e CPLE quitte sa compagnie pour être rattaché à l’état-major du nouveau groupement.

Ensuite, les compagnies perdent leur autonomie et deviennent, par décision administrative, les 21e, 22e et 23e Compagnies portées du GPLEA.

Dans la seconde moitié de 1956, les unités du groupement portent déjà, lors des cérémonies, la tenue saharienne, avec le large seroual caractéristique, orné sur le côté de la croix d’Agadès, symbole des Touaregs du Sahara.

Cependant, l’existence du groupement est très courte. Quelques mois plus tard, face à l’indépendance du Maroc et de la Tunisie en mars 1956, au retour de toutes ses unités d’Extrême-Orient et à l’aggravation de la situation en Algérie, la Légion est encore une fois réorganisée. Les deux groupements portés avec leurs compagnies, dispersées en Algérie et au Maroc, seront intégrés soit au 2e REI (GPLEA), soit au 4e REI (GPLEM). Leurs compagnies formeront de nouveaux groupements au sein de ces deux régiments, premiers « régiments portés » de la Légion.

En octobre 1956, au terme d’une brève existence, le GPLEA est donc dissous et ses éléments sont intégrés dans le 2e Étranger. Les 21e, 22e et 23e Compagnies portées du GPLEA deviennent ainsi les 4e, 5e et 6e Compagnies portées du 2e REI. Elles constituent le Groupement des compagnies portées n° 2 (GCP 2, appelé plus tard État-major tactique n° 2, EMT 2) de ce régiment.

En mars 1957, avec leurs véhicules de couleur sable et leurs djellabas de Sahariens, les trois compagnies portées de l’ex-GPLEA (surnommées les « diables jaunes ») cèdent leurs cantonnements aux compagnies portées du 4e REI. Elles traversent ensuite l’Algérie d’est en ouest pour rejoindre le 2e REI, alors basé à Aïn Sefra, où deux d’entre elles avaient été créées.

Pour être complet, il est important de mentionner aussi une autre compagnie portée formant corps, la 24e CPLE. Celle-ci est créée en août 1955, pour opérer dans les sables de l’Ouest algérien, sur la frontière avec le Maroc. Mais en janvier 1956, très éloignée de ses unités sœurs, elle devient la 4e CSPL, dernière-née des compagnies sahariennes portées de Légion ; elle ne fera donc jamais partie du GPLEA. La compagnie gardera son autonomie jusqu’en 1963.
 

GPLEA - Groupement porté - Algérie - Legion étrangère - creation - information - Kepi blanc - 1956
Brève mention de la création du GPLEA dans la revue Képi blanc (mars 1956). Le texte indique que l’unité a été officiellement créée le 1er février 1956.
GPLEA - Groupement porté - Algérie - Legion étrangère - 21 CPLE - 22 CPLE - 23 CPLE - 21e CPLE - 22e CPLE - 23e CPLE - VI/1er RE - Compagnie Portée - Compagnies Portées - insigne - insignes
Insignes des 21e CPLE, 22e CPLE et 23e CPLE. Par contre, le GPLEA ne possédait pas d’insigne propre.
GPLEA - Groupement porté - Algérie - Legion étrangère - Lieutenant-colonel Jean Rossi
Le lieutenant-colonel Jean Rossi, chef de corps du GPLEA de mai à octobre 1956. Au cours de ses dix années à la Légion, il a servi huit ans à la 13e DBLE et deux ans au 6e REI.

 
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Principales sources d’informations :
Képi blanc revues
Bulletins annuels de la Légion étrangère (les années 1950)
J. Brunon, G.-R. Manue, P. Carles: Le Livre d’Or de la Légion Etrangère (Charles-Lavauzelle, 1976)
P. Cart-Tanneur, Tibor Szecsko : Le 4ème Etranger (Editions B.I.P., 1987)
Tibor Szecsko: Le grand livre des insignes de la Légion étrangère (S.I.H.L.E., 1991)

 
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L’article original : Foreign Legion Algerian Motorized Group

 
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La page a été mise à jour le : 14 octobre 2026

 

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