Bataille de Messifré (1925)

En septembre 1925, dans le petit village du Hauran syrien de Messifré, la Légion étrangère s’illustra lors d’un combat devenu emblématique de son histoire au Levant. Face à plusieurs milliers de combattants druzes, les légionnaires résistèrent plus de douze heures à des assauts répétés. La bataille de Messifré marqua la première grande victoire française de la révolte druze et ouvrit la route vers Soueida, la capitale des Druzes.

Bataille de Messifré - Syrie - Levant - Légion étrangère - historique - 4e REI - 1er REC - 1925

 

Introduction

Après la Grande Guerre, la France reçut en 1920 le mandat sur la Syrie et le Liban, territoires détachés de l’Empire ottoman. L’installation de l’autorité française fut cependant marquée par de fortes résistances locales, notamment dans le Djebel Druze, région montagneuse du sud de la Syrie. Les Druzes, peuple fier et indépendant, pratiquant une religion issue d’une branche dissidente de l’islam, conservaient des traditions guerrières bien ancrées. Leur doctrine spirituelle – selon laquelle mourir les armes à la main assurait une réincarnation noble – nourrissait une combativité exceptionnelle.

À l’été 1925, la situation dégénéra rapidement pour l’armée française. Le 18 juillet, la colonne Normand fut anéantie. Le 2 août, ce fut au tour de la colonne Michaud de subir de lourdes pertes : les assaillants druzes n’hésitèrent pas à se jeter sur les automitrailleuses et à passer leurs sabres par les ouvertures. Ces désastres mirent à mal l’autorité française dans le Djebel Druze. Soueida, principale ville de cette région, se retrouva assiégée.

Face à la gravité de la situation, le général Sarrail, commandant en chef du Levant, demanda d’urgence des renforts. Parmi les unités dépêchées depuis l’Afrique du Nord figuraient le 4e escadron du 1er Régiment étranger de cavalerie (1er REC)– jeune régiment créé en Tunisie en 1921 – et la 29e compagnie de marche du 1er Régiment étranger d’infanterie (1er REI), formée en août en Algérie, à Sidi Bel Abbès, alors maison mère de la Légion étrangère. Ces renforts rejoignirent sur place le 5e bataillon du 4e Régiment étranger d’infanterie (4e REI), déjà présent au Levant.

Dans ce contexte de crise, le petit village de Messifré (al-Musayfirah ; parfois mentionné dans certains documents anciens de la Légion sous la forme Mousseifré) fut choisi comme base avancée et réduit fortifié. Sa position, à mi-chemin entre Déraa (avec un important aérodrome français) et Soueida, en faisait un verrou stratégique. C’était là que se déroula, le 17 septembre 1925, une bataille dont la mémoire resta vivace dans la tradition légionnaire.

 

Les unités de la Légion au Levant

Le 5e bataillon du 4e REI

Présent au Levant depuis 1921, le 5e bataillon du 4e REI avait déjà acquis une solide expérience des opérations de pacification en Syrie. Commandé en 1925 par le chef de bataillon Kratzert (officier reconnu et aguerri), il regroupait deux compagnies d’infanterie (18e et 19e) et une compagnie de mitrailleuses (CM 5). Une compagnie montée, dotée de mulets et alors stationnée à Deir ez-Zor (à l’est de la Syrie), faisait également partie du bataillon mais ne prit pas part à la défense de Messifré. La mission principale du 5e bataillon consistait à tenir les positions clés et à appuyer les colonnes mobiles opérant dans le Djebel Druze.

À Messifré, le 5e bataillon fut renforcé par la 29e compagnie de marche du 1er REI. Cette dernière avait été créée par ordre ministériel du 6 août 1925 : commandée par le lieutenant Vernon, elle comptait deux officiers, 15 sous-officiers, 21 caporaux et 126 légionnaires (soit 164 hommes). La compagnie débarqua à Beyrouth le 31 août. Rapidement intégrée au V/4e REI, elle participa à la défense de Messifré dès le 11 septembre. L’infanterie de la Légion dans le village comptait désormais environ 600 hommes.

 

Le 4e escadron du 1er Régiment étranger de cavalerie

Le 1er REC était un régiment jeune, créé en 1921, et encore en quête de ses « lettres de noblesse ». Son 4e escadron, placé sous les ordres du capitaine Landriau, fut désigné pour rejoindre le Levant à l’été 1925. Après son débarquement à Beyrouth le 20 août, l’unité franchit le Mont-Liban à pied, les chevaux lourdement chargés.

L’escadron comprenait 179 hommes (5 officiers, 14 sous-officiers et 160 cavaliers) avec 170 chevaux. Les quatre pelotons étaient commandés par les lieutenants Robert (1er), Castaing (2e), de Médrano (3e) et le sous-lieutenant Dupetit (4e). La troupe – composée, selon les sources, de 75 à 90 % de Russes issus des armées blanches de Dénikine et de Wrangel (forces anti-bolcheviques de la guerre civile russe de 1918-20) – comptait aussi des Allemands, des Anglais, des Serbes, des Grecs, des Bulgares, des Danois et des Suisses. Beaucoup de cavaliers étaient « libérables » dans trois mois, mais aucun ne demanda à être exempté de la campagne.

Sous la conduite du capitaine Landriau et de son adjoint, le lieutenant Robert, le 4e escadron s’imposa rapidement comme une unité soudée et disciplinée. En Syrie, il combattit non pas comme cavalerie montée, mais à pied, transformé en infanterie de choc au cœur de la défense de Messifré.

 

Les appuis et renforts

À ces unités légionnaires s’ajoutaient des moyens complémentaires. Un peloton d’automitrailleuses de cavalerie, comprenant trois véhicules armés de canons de 37 mm, fut intégré au dispositif. Leur rôle se révéla décisif lors des assauts druzes. L’aviation française, basée à Déraa (au sud-ouest de Messifré), assura un appui aérien limité mais crucial par ses bombardements et mitraillages. Enfin, un bataillon du 16e Régiment de tirailleurs tunisiens (16e RTT) intervint en renfort l’après-midi du 17 septembre, ce qui décida de l’issue de la bataille.

 
Levant - Liban - Syrie - carte

Legion etrangere - Messifre - Soueida - Syrie - 1925 - carte

4e REI - 4 REI - 5e bataillon - Compagnie de mitrailleuses - CM 5 - Legion Etrangere - Levant - Syrie - Legionnaires - 1925
Rare photographie de légionnaires de la compagnie de mitrailleuses du 5e bataillon du 4e REI (CM5/4), en Syrie, 1925.
Paul Landriau - Capitaine - 1er REC - 4e escadron - Levant - Syrie - Messifré - Bataille - Légion étrangère - 1925
Le capitaine Paul Landriau, commandant du 4e escadron du 1er REC, engagé dans les opérations au Levant entre 1925 et 1926, dont la bataille de Messifré. En 1967, il vit la ville d’Orange, où il résidait, devenir la nouvelle garnison du 1er REC.
1er REI - 1 REI - 29e compagnie - Légionnaire - Bennett J. Doty - Clare - Légion étrangère - Messifré - Syrie - Levant - 1925
Bennett J. Doty (alias légionnaire Clare) de la 29e compagnie de marche du 1er REI, en Syrie, fin 1925. Américain, il participa à la bataille de Messifré avec cette unité, déserta plus tard et publia le livre The Damned of the Legion (1928), d’où provient cette photographie. À noter le casque colonial, que les légionnaires ne portaient pas lors de la bataille.

 

Messifré : sa préparation à la défense

Le village de Messifré, situé au sud de Damas (la capitale de la Syrie) sur une petite éminence dominant la plaine du Hauran, comptait environ 600 à 800 habitants en 1925. Ses maisons, construites en pierres basaltiques ou en torchis selon le style « hauranais », étaient de toits plats et se regroupaient autour de ruelles étroites et sinueuses. Plusieurs points remarquables marquaient le site : une mosquée surmontée d’un minaret carré, un marabout à coupole, et l’ancien karakol turc (poste de gendarmerie). Les enclos de culture, entourés de murettes de pierre hautes d’un mètre à un mètre cinquante, offraient autant de couverts et d’obstacles pour la défense comme pour l’attaque.

Si le site présentait une certaine valeur devant Soueida, il n’en demeurait pas moins fragile. Les carrières abandonnées et les murs écroulés pouvaient offrir des abris à l’ennemi. Le commandant Kratzert, responsable de la garnison et de sa défense, s’efforça d’organiser au mieux la position : réparation de murettes, aménagement de tranchées sommaires, préparation d’emplacements pour mitrailleuses. Le capitaine Landriau insista, dès le 14 septembre, sur la nécessité d’un dispositif de barbelés : « C’est une question de fil de fer… sans barbelés, l’ennemi s’infiltrera comme il voudra. » Peu après, des réseaux de fils de fer furent acheminés et installés autour des positions pour renforcer leur protection.

Le système défensif final comprenait plusieurs postes fortifiés (A, B, C, D) disposés autour du village, tandis que deux positions (E, F) étaient occupées à l’intérieur de celui-ci :

  • Poste A : deux sections de la 29e compagnie, avec son commandement, mitrailleuses et une automitrailleuse
  • Poste B : une section de la 29e compagnie, mitrailleuses et une automitrailleuse
  • Poste C : la 19e compagnie complète, renforcée d’une section de mitrailleuses de la CM5
  • Poste D : la 18e compagnie complète, avec également une section de mitrailleuses
  • Poste E : le PC du bataillon, la section de commandement, une section de mitrailleuses et une automitrailleuse
  • Poste F : le 4e escadron du 1er REC avec ses mitrailleuses

 

Quatre positions (A, B, C, D) étaient établies à environ 300 mètres du village. L’une d’elles (B) avait la forme d’un triangle aux côtés d’environ 30 mètres, tandis que les trois autres étaient de plan carré, mesurant chacune près de 50 mètres. Les positions étaient entourées d’un mur de pierre haut d’environ 1,20 à 1,50 mètre, renforcé par des barbelés. Le poste de commandement du chef de bataillon Kratzert se trouvait dans l’une des maisons en pierre du village, tandis qu’une cour fermée voisine était occupée par le 4e escadron du capitaine Landriau. Les écuries de ce dernier se situaient ailleurs dans le village, en un point non précisé.

Ce déploiement devait permettre d’absorber un assaut frontal. Mais il n’empêchait ni l’infiltration par les habitants, ni l’usage par l’ennemi des toits et terrasses. L’expérience du désastre de la colonne Michaud, un mois plus tôt, incitait à la prudence : on savait désormais que les Druzes attaquaient en masse, sans crainte des armes automatiques ni des blindés, et qu’ils exploitaient le terrain avec habileté.

Le 16 septembre, les signes avant-coureurs se précisèrent. Le matin, une reconnaissance menée par le 4e escadron vers Oum Oualeb tourna à l’accrochage avec plusieurs centaines de cavaliers druzes. Il y eut des pertes, dont celle du maréchal des logis Pavolotzky, tué au combat. L’escadron dut se replier en bon ordre, sous le feu. Le soir même, à 19 heures, un message optique transmis depuis Soueida confirma l’imminence de l’épreuve :
« 3 000 Druzes – étendards déployés – se dirigent sur Messifré – attaque probable cette nuit. »

À la tombée de la nuit, la garnison se tint en alerte maximale. Les sentinelles furent doublées, les positions renforcées à la hâte. Dans l’attente silencieuse, chacun pressentait que le lendemain serait décisif.

 

La bataille de Messifré (17 septembre 1925)

L’assaut à l’aube

Le 17 septembre, peu avant quatre heures du matin, l’attaque éclata. À la faveur de l’obscurité, environ trois mille combattants druzes, fantassins et cavaliers, convergèrent sur Messifré. Les premiers coups de feu visèrent le poste B, bientôt submergé par des vagues serrées. Les assaillants, bannière au vent, avançaient par petits paquets mais en nombre considérable.

Rapidement, les défenses du village furent prises sous un feu croisé. Depuis les terrasses et les fenêtres, des tirs plongeants s’abattirent sur les légionnaires : certains habitants s’étaient joints à l’attaque ou avaient ouvert leurs maisons aux insurgés. À l’intérieur même de Messifré, des groupes druzes réussirent à s’infiltrer.

Le choc principal se porta sur la position tenue par le 4e escadron du 1er REC. C’est là, vers quatre heures du matin, qu’une quarantaine de Druzes tentèrent une ruse en criant en français : « Halte ! Légion, ne tirez pas ! ». La supercherie fut rapidement déjouée : les légionnaires ripostèrent par une salve et le cri : « Vive la Légion ! ». Pendant trois heures, de quatre à sept heures, les cavaliers, combattant à pied, repoussèrent vague après vague. Les pertes furent sévères : le sous-lieutenant Dupetit fut tué d’une balle à la tête, tandis que les maréchaux des logis Prymac et Schellman tombaient également. L’adjudant-chef Gazeau, chef du peloton de commandement de l’escadron, reçut deux coups de sabre et continua à commander malgré ses blessures.

Le quartier des chevaux fut envahi. Les gardiens furent massacrés et la quasi-totalité des montures abattues. Quelques chevaux s’échappèrent, errant dans le village avant d’être tués à leur tour. Cette perte matérielle allait peser lourdement sur la mobilité future de l’escadron.
 

Messifré - Syrie - 1925 - Légion étrangère - Positions défensives - 6 postes - 17 septembre - Bataille - Révolte druze
Les six positions défensives de la Légion à Messifré le 17 septembre 1925. Les flèches indiquent les principaux axes des attaques druzes.

4e REI - 4 REI - CM 5 - Équipe de mitrailleurs - Hotchkiss Mle 1914 - Légion étrangère - Syrie - Levant - 1925 - Légionnaires
Équipe de mitrailleurs de la CM 5/4 avec leur Hotchkiss Mle 1914, Syrie, 1925.

 

Des combats rapprochés et des actes de bravoure

Dans plusieurs secteurs, le combat se poursuivit au corps à corps. Des grenades furent échangées à courte distance, et les baïonnettes entrèrent en action. Les témoignages rapportèrent plusieurs faits de bravoure individuelle :

Le légionnaire Lochel abattit cinq adversaires au sabre.

Le légionnaire Sichinsky, blessé, continua de tirer debout jusqu’à sa chute.

L’adjudant-chef Teissier fut tué d’une balle au front en dirigeant la défense du réduit nord.

Le caporal Gabreau fut tué dans un combat au corps-à-corps, tuant lui-même son adversaire.

 

L’intervention des automitrailleuses

Les automitrailleuses armées de canons de 37 mm jouèrent un rôle important. Leurs tirs précis neutralisèrent les tireurs installés dans le minaret et sur les terrasses, réduisant la pression sur les positions françaises. Ces interventions permirent de dégager certaines sections menacées et de maintenir la cohésion de la défense.

L’adjudant Seurac et ses légionnaires réussirent à regagner une position précédemment perdue, aidés par l’un de ces véhicules blindés.

 

Une accalmie précaire

Vers dix heures, la violence des assauts diminua. La garnison, épuisée, profita d’une accalmie relative pour distribuer biscuits et chocolat. Mais les pertes s’accumulaient : les sections étaient décimées, les mitrailleurs réduits, et le réduit central tenait au prix de lourds sacrifices.

 

L’après-midi décisif

À quatorze heures, l’aviation française entra en action. Les avions de l’escadrille de Déraa survolèrent le champ de bataille, bombardant et mitraillant les rassemblements ennemis aux abords du village. Les effets furent immédiats : plusieurs groupes druzes se dispersèrent en désordre.

Mais ce n’est qu’à partir de seize heures que la situation se renversa véritablement. Un bataillon du 16e Régiment de tirailleurs tunisiens, accompagné de nouvelles automitrailleuses, arriva sur le terrain. Leur déploiement face au village, conjugué à la résistance opiniâtre de la garnison, contraignit les insurgés à décrocher. Au crépuscule, les derniers groupes druzes se retirèrent, emportant leurs blessés.

 

Une journée de feu

Après plusieurs heures de combat incessant, la garnison de Messifré tenait toujours. Le capitaine Landriau, dans son rapport du 29 septembre, souligna que ses cavaliers avaient combattu « comme l’infanterie de la Vieille Légion ». Le champ de bataille témoignait de la violence des affrontements : des corps ennemis jonchaient le sol devant les murettes, d’autres gisaient à l’intérieur du village.
 

4e REI - 4 REI - Légion étrangère - Légionnaires - Marabout - Messifré - Syrie - 1925 - Levant
Légionnaires du 4e REI sur le marabout (kouba) de Messifré, fin septembre 1925. L’édifice porte encore les traces visibles des combats.

 

Pertes et citations

Les pertes françaises

La défense de Messifré coûta cher à la Légion. Au total, 54 légionnaires tombèrent au combat, toutes unités confondues (4e REI, 1er REC, 1er REI), et environ 80 furent blessés.

4e escadron du 1er REC : 1 officier (sous-lieutenant Dupetit), 3 sous-officiers et 16 cavaliers tués. Trois officiers furent blessés (lieutenants Robert, de Médrano, Castaing), ainsi que l’adjudant-chef Gazeau et une vingtaine de cavaliers. L’escadron perdit également presque tous ses chevaux et son harnachement.

5e bataillon du 4e REI et 29e compagnie : 34 tués, parmi lesquels de nombreux sous-officiers et caporaux tombés à leurs postes. Plus de cinquante hommes furent blessés.

Ces pertes furent d’autant plus douloureuses que nombre de légionnaires étaient des vétérans de la Grande Guerre ou de la guerre civile russe, aguerris mais proches de la libération.

 

Les pertes druzes

Les pertes ennemies furent considérables : environ 500 tués et autant de blessés, selon les estimations françaises et les aveux mêmes des Druzes. Plus de deux cents corps furent relevés devant les défenses, une cinquantaine à l’intérieur du village. Huit drapeaux druzes furent capturés, symbole de la violence des combats et du prestige gagné par la Légion.

 

Les citations officielles

Pour leur résistance héroïque, les unités engagées reçurent les plus hautes distinctions collectives. Par l’ordre n°351 de l’Armée du Levant, signé du général Sarrail, le 5e bataillon du 4e REI et le 4e escadron du 1er REC obtinrent une citation à l’ordre de l’Armée.

Le texte officiel louait des hommes « attaqués par un parti ennemi évalué à 3 000 cavaliers et fantassins » qui avaient « tenu bon contre les attaques poussées à fond et jusqu’au corps à corps, infligeant des pertes considérables à l’ennemi et l’obligeant à se replier en abandonnant sur le terrain plus de 200 morts et huit drapeaux ».

L’appréciation du général Andréa, commandant les troupes d’infanterie du Djebel Druze, résumait l’esprit de la défense :
« La Légion étrangère d’Afrique sait se battre et voir clair dans les desseins de l’adversaire ; la surprise n’a pas eu de suites graves, grâce au sang-froid et au courage des légionnaires. »

Enfin, le capitaine Landriau, fier de ses hommes, écrivit :
« Depuis cette affaire, la Légion est saluée bien bas en Syrie. »

 

Liste nominative des 54 hommes de la Légion tombés à Messifré

5e bataillon du 4e REI:

  • Adjudant-chef TEISSIER Emile (France)
  • Sergent CASTIBLANQUE Ricardo (Espagne)
  • Sergent DORRONSORO Y GOICOECHEA Ignacio (Espagne)
  • Sergent ECKER Georges (Allemagne)
  • Caporal CONRAD Lucien (France)
  • Caporal GABREAU Emile (Belgique)
  • Caporal BARDON André (Tchécoslovaquie)
  • Caporal KOVALSKY Anatole (origine non précisée)
  • Caporal LEPOVITCH Moritz (origine non précisée)
  • Légionnaire ABDEL GAOUA Mahmoud (Égypte)
  • Légionnaire BARANOFF Théodore (Russie)
  • Légionnaire BIGORAY Pierre (origine non précisée)
  • Légionnaire CHAREF Mohamed (origine non précisée)
  • Légionnaire COSSE Joseph (Belgique)
  • Légionnaire GRAEPER Robert (Allemagne)
  • Légionnaire JABOUR Youssef (Italie)
  • Légionnaire JUNGINGER Alfred (Allemagne)
  • Légionnaire KAISER Antoine (Autriche)
  • Légionnaire KOSJANENKO Wasili (Russie)
  • Légionnaire RICHTER Valentin (Allemagne)
  • Légionnaire ZANFIROFF Mikaël (Roumanie)

 

4e escadron du 1er REC:

  • Sous-lieutenant DUPETIT François Marie (France)
  • Maréchal-des-logis PAVOLOTZKY Serge (Russie)
  • Maréchal-des-logis PRYMAC Michel (Russie)
  • Maréchal-des-logis SCHELLMAN Joseph (origine non précisée)
  • Brigadier FRANSIOLI Pisolo (France)
  • Légionnaire BIRCK André (Russie)
  • Légionnaire BUCHSER Willy (Suisse)
  • Légionnaire ENINE Basile (Russie)
  • Légionnaire FOMINE Grégorie (Russie)
  • Légionnaire GORBATCHEFF Efime (Russie)
  • Légionnaire KOLESNIKOFF Jacob (Russie)
  • Légionnaire KOLOTILINE Théodore (Russie)
  • Légionnaire KOSTRUKOFF Serge (Russie)
  • Légionnaire KREUTZ Nicolas (Allemagne)
  • Légionnaire NOVIKOFF Nazar (Russie)
  • Légionnaire STREISSNIG Jean (France)
  • Légionnaire PAVLOVSKY André (Russie)
  • Légionnaire REINHARDT Gustave (Allemagne)
  • Légionnaire ROBES Karl (Allemagne)
  • Légionnaire TCHERNENKO Vsevolod (Russie)

 

29e compagnie de marche du 1er REI:

  • Sergent LOUKIANOVITCH Woldemar (Turquie)
  • Caporal KARTZIVADSE Eugène (Russie)
  • Légionnaire AUGSTEN Frantz (Tchécoslovaquie)
  • Légionnaire CATTI Antoine (Italie)
  • Légionnaire FISCHER Eugène (Suisse)
  • Légionnaire GUZELY Félix (Allemagne)
  • Légionnaire MEIHSEN Charles (Allemagne)
  • Légionnaire MONGRANDI Henri (Suisse)
  • Légionnaire MULLER Otto (Allemagne)
  • Légionnaire RITTHALER Othon (Allemagne)
  • Légionnaire SOIKIN Léon (Russie)
  • Légionnaire STAHL Jules (Allemagne)

 
 

Conclusion

La victoire de Messifré fut avant tout un succès tactique. En tenant pendant plus de douze heures face à des forces très supérieures en nombre, les légionnaires du 4e REI, du 1er REC et du 1er REI firent preuve d’une remarquable résistance et d’une cohésion exemplaire. Leur sacrifice permit de préserver le réduit avancé de la colonne du général Gamelin et d’ouvrir la route vers Soueida, libérée le 24 septembre 1925. Le 5e bataillon du 4e REI fit partie de cette colonne. La révolte druze avait, en pratique, été écrasée dès l’année suivante, 1926.

Pour le 1er REC, la bataille du 17 septembre 1925 constitua l’acte fondateur de la réputation du régiment au combat. Pourtant, le 4e escadron se reconstitua difficilement après la bataille : amputé de la majorité de ses chevaux et réduit à une centaine d’hommes, il reçut des montures de remplacement de qualité médiocre. Mais dès novembre 1925, l’escadron se distingua de nouveau lors de la défense héroïque de la citadelle de Rachaya, au Liban, face à des forces druzes encore plus nombreuses.

La 29e compagnie de marche du 1er REI poursuivit pour sa part les opérations en Syrie, avant de devenir la 4e compagnie de marche du 5e bataillon du 4e REI.

L’attribution d’une citation collective à l’ordre de l’Armée aux unités de la Légion consacra leur détermination et leur esprit de sacrifice dans cette bataille. Messifré demeure ainsi l’un des épisodes les plus marquants de la révolte druze et de l’histoire de la Légion étrangère au Levant, associé à l’idée de résistance héroïque face au nombre, valeur cardinale de la tradition légionnaire.
 

Messifré - Syrie - 1925 - Assaillants druzes - Tués au combat - Légion étrangère - Positions défensives - Murettes de pierre - Postes A et B
Quelques assaillants druzes tués lors de la bataille de Messifré, fin septembre 1925. À l’arrière-plan, on distingue les murettes des positions défensives A et B de la Légion (signalées par des croix). La photo a été publiée avec l’aimable autorisation de Krzysztof Schramm, historien de l’association des anciens en Pologne (A.A.A.L.E. en Pologne) et auteur du livre Niczego nie żałuję.

1er REC - 4e escadron - Fanion - Levant - 1925 - 1926 - Légion étrangère - Messifré - Rachaya - Croix de guerre TOE - Deux palmes - Fourragère - Citations - Ordre du Mérite libanais
Le premier fanion du 4e escadron du 1er REC, porté lors des opérations au Levant en 1925–1926. Il fut décoré de la croix de guerre des TOE avec deux palmes, ainsi que de la fourragère aux couleurs de cette croix, grâce aux citations obtenues à Messifré puis, en novembre, à Rachaya. Le fanion porte également l’ordre du Mérite libanais.
Maurice Sarrail - Général - Forces françaises - Levant - Commandant - Révolte druze - Drapeau capturé - Syrie - 1925
Le général Maurice Sarrail, commandant des forces françaises au Levant, devant l’un des drapeaux druzes capturés. Collection de Krzysztof Schramm.
4e REI - 4 REI - 5th Battalion - Foreign Legion - Levant - Syria - Messifre - 1925 - citation
Certificat délivré en 1926 par le chef de bataillon Kratzert, attestant que le légionnaire nommé participa à la bataille de Messifré avec le 5e bataillon du 4e REI, obtenant ainsi la citation à l’ordre de l’Armée. Collection de Krzysztof Schramm.
1er REC - 4e escadron - Anciens - Survivants de Messifré - Légionnaire Bérejny - Adjudant Jonsson - Légionnaire Rehauser - Maroc - 1938 - Commémoration - Légion étrangère
Trois anciens du 4e escadron du 1er REC ayant survécu à la bataille de Messifré : le légionnaire Bérejny, l’adjudant Jonsson et le légionnaire Rehauser. Photographiés au Maroc en 1938 lors d’une cérémonie commémorative organisée par leur escadron, dont ils faisaient encore partie treize ans plus tard.

 
 

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Principales sources d’informations :
Képi blanc revues
Légion Etrangère revues
Vert et Rouge revues
Bennet J. Doty: The Legion of the Damned (The Century Co., 1928)
Collectif: Le 1er Régiment Étranger de Cavalerie, Historique et Combats (FASQUELLE Éditeurs, 1947)
J. Brunon, G.-R. Manue, P. Carles: Le Livre d’Or de la Légion (Charles-Lavauzelle, 1976)
Jean-Charles Jauffret: L’idée d’une division de Légion étrangère et le Premier régiment étranger de cavalerie, 1836-1940 (Centre d’histoire militaire et d’études de défense nationale, 1978)
Collectif: Historique du 1er Régiment étranger de cavalerie 1921-1982 (Képi blanc, 1983)
Alain Gandy: Royal Etranger: Légionnaires cavaliers au combat (Presses de la Cité, 1985)
P. Cart-Tanneur & Tibor Szecsko: Le 4ème Etranger (Editions B.I.P., 1987)
Jean-Luc Messager, Collectif: Les secrets de la Légion étrangère: Histoire et grands faits d’armes (Éditions du Chêne, 2014)
Mémoire des Hommes
Wikipedia

 
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L’article original : 1925 Battle of Messifré

 

 

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Combat d’Alouana du 15 mai 1911
Tragédie de Forthassa de 1908
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La page a été mise à jour le : 20 septembre 2025

 

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