Général Jeannou Lacaze

Jeannou Lacaze est un officier de la Légion étrangère. Il commande notamment le 2e régiment étranger de parachutistes (2e REP). Fils d’un sous-officier français de la gendarmerie et d’une Annamite d’origine chinoise, il naît le 11 février 1924 à Hué, en Indochine. Rapatrié très jeune en métropole à la suite du rappel de son père, il grandit dans la région bordelaise et suit sa scolarité secondaire au lycée Michel-Montaigne de Bordeaux.

Légion étrangère - Jeannou Lacaze
 

Profondément marqué par la défaite de juin 1940, il choisit la carrière militaire. En 1943, il s’engage dans les Chantiers de jeunesse, puis rejoint, en juin 1944, les Forces françaises de l’intérieur de la Creuse. Nommé aspirant au 78e régiment d’infanterie (78e RI), il poursuit son engagement à la Libération. En 1945, il s’engage au titre de l’École spéciale militaire de Saint-Cyr et est promu sous-lieutenant. Il sort en 1947 de l’École d’application de l’infanterie d’Auvours.

À l’issue de cette formation, il intègre la Légion étrangère. Il reçoit une affectation au 1er régiment étranger d’infanterie (1er REI), au Kef, en Tunisie, où il est promu lieutenant. Désigné pour l’Extrême-Orient, où il espère retrouver sa mère, il rejoint le 2e régiment étranger d’infanterie (2e REI) comme chef de section au 3e bataillon. Le 5 janvier 1948, il est grièvement blessé lors de l’assaut du village de Hô Chim et est rapatrié sanitaire. À la fin de l’année 1948, il retrouve le 2e REI, cette fois en Algérie. Il retourne ensuite en Indochine avec ce régiment, où il commande une section de la 2e compagnie du 1er bataillon.

De retour en France en 1951, il est affecté à un régiment de tirailleurs marocains. Au cours des années 1950, il sert à la Section technique de l’armée de Terre et accède au grade de capitaine. Admis en 1954 comme stagiaire à l’Enseignement militaire supérieur scientifique et technique, il rejoint l’année suivante la Section technique. Il y exerce les fonctions d’officier expérimentateur au groupement « Infanterie ». En 1958, il est affecté au 129e régiment d’infanterie (129e RI).

De 1959 à 1962, il sert au sein de la 11e demi-brigade parachutiste de choc (« 11e Choc ») durant le conflit algérien ; il est promu chef de bataillon en 1960. De 1962 à 1965, il occupe des fonctions d’officier des services à la 1re région militaire. En 1965, il est admis sur titre à l’École supérieure de guerre (79e promotion) et est promu lieutenant-colonel.

Le 18 juillet 1967, il retrouve la Légion étrangère et prend le commandement du 2e régiment étranger de parachutistes (2e REP), succédant au colonel Arnaud de Foïard. Promu colonel en 1969, il conduit le régiment lors de l’opération Limousin au Tchad en 1969-1970 et est cité à l’ordre du corps d’armée. Cette période constitue l’un des temps forts de sa carrière.

Lacaze quitte la Légion en avril 1971. Il est alors appelé à rejoindre les services de renseignement extérieurs, où il devient directeur du secteur « recherches » au Service de documentation extérieure et de contre-espionnage (SDECE).

Promu général de brigade en 1974, il est nommé en 1976 adjoint au général commandant la 11e division parachutiste (11e DP). Il accède au rang de général de division en 1977 et commande la 11e DP de 1977 à 1979. À la tête de cette division, il est notamment engagé lors de l’intervention du 2e REP à Kolwezi, ainsi que dans plusieurs opérations extérieures au Liban et en Mauritanie. En 1980, il est promu général de corps d’armée et est nommé gouverneur militaire de Paris.

Élevé en 1981 au rang et à l’appellation de général d’armée, il exerce les fonctions de chef d’état-major des armées du 1er février 1981 à mi-1985. Il quitte le service actif début juillet 1985, après quarante-et-une années de service. L’année suivante, il devient conseiller spécial du ministre de la Défense pour les relations militaires avec les pays africains liés à la France par des accords de défense.

Après avoir quitté le service actif, il s’engage également dans la vie politique. De 1989 à 1994, il est député européen sous l’étiquette du Centre national des indépendants et paysans (CNIP), avant de fonder l’Union des indépendants (UDI). En 1991, il publie Le Président et le champignon, ouvrage dans lequel il expose sa réflexion sur la défense française après la fin de la guerre froide.

Jeannou Lacaze décède à Paris le 1er août 2005, à l’âge de 81 ans. Veuf, il est père de cinq enfants. Grand officier de la Légion d’honneur, il est titulaire de la Croix de guerre des théâtres d’opérations extérieurs avec trois citations, de la Croix de la Valeur militaire avec trois citations dont une palme, de la Croix du combattant volontaire (1939-1945) et de la Croix du combattant, ainsi que de nombreuses décorations étrangères.
 

Légion étrangère - Jeannou Lacaze - 2e REP
Le lieutenant-colonel Lacaze, nouveau commandant du 2e REP à Calvi, juillet 1967.

Légion étrangère - Jeannou Lacaze - 2e REP - Pierre Messmer
Le lieutenant-colonel Lacaze avec Pierre Messmer (à gauche), ministre des Armées, en 1968. Membre de la 13e demi-brigade de Légion (13e DBLE) pendant la Seconde Guerre mondiale, Messmer occupe plus tard le poste de Premier ministre (1972-74).
Légion étrangère - Jeannou Lacaze - 2e REP - 1970
Le colonel Lacaze à la tête du 2e REP, tout juste rentré du Tchad, fin avril 1970.

 

 

L’article original : General Jeannou Lacaze

 

 

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