61ème Bataillon Mixte de Génie Légion

Le 61ème Bataillon Mixte de Génie Légion (61e BMGL) est une unité mixte de l’armée française, composée de sapeurs de l’armée régulière et de légionnaires. Il s’agit de la première – et à ce jour la seule – unité de ce type servant en France. Créé au début de 1971 à Canjuers, le bataillon est chargé d’y aménager un vaste camp d’entraînement, le plus grand d’Europe occidentale. Après avoir ensuite travaillé à Larzac, à La Courtine, à Caylus et aux Garrigues, le 61e BMGL est dissous en 1982.

 
61e BMGL - 61ème Bataillon Mixte de Génie Légion - Légion Etrangère - 61eme BMGL - Historiqe

 

Création du 61e BMGL

En 1962, après la fin de la guerre d’Algérie et dans la perspective de l’inévitable redéploiement des troupes françaises de l’Afrique du Nord vers l’Europe, la décision est prise de créer en France un nouveau grand terrain d’entraînement militaire, destiné principalement à la cavalerie blindée. Pour mener à bien cette mission, les pionniers de la Légion étrangère sont choisis et, au début de 1968, envoyés à Canjuers, dans le Var, au nord de Draguignan. Ils sont ensuite renforcés par des sapeurs de l’armée régulière, avec lesquels ils travaillent conjointement jusqu’à la fin de 1970. Par la suite, ces éléments fusionnent au sein d’une nouvelle unité mixte.

Ainsi, le 61e Bataillon mixte de génie Légion (61e BMGL) est créé au camp de Canjuers le 1er janvier 1971. C’est la première unité de type Génie–Légion implantée en France, et la deuxième unité de ce genre existant à l’époque, après le 5e Régiment mixte (5e RMP) servant dans le Pacifique.

Les traditions du 61e BMGL sont celles du 61e Bataillon du génie (1939–1940) et du 61e Bataillon du génie–Légion de la campagne d’Indochine (1949–1955). Sous son fanion, orné de la croix de guerre 1939–1945 et de la croix de guerre des TOE, avec une citation à l’ordre de l’armée, il regroupe les éléments qui travaillent à Canjuers depuis trois ans.

Rattaché à la 7e région militaire, le 61e BMGL est composé d’une compagnie de commandement et des services (CCS), d’une compagnie de travaux du génie (CTG) et d’une compagnie de travaux Légion (CTL). Cette dernière est, en fait, l’ancienne Compagnie de pionniers de la Légion étrangère (CPLE), stationnée à Canjuers depuis février 1968.

Au début, l’effectif du bataillon est de 511 hommes, dont 24 officiers, 91 sous-officiers et 396 hommes de troupe (sapeurs, appelés et légionnaires). Le lieutenant-colonel Debent, ancien lieutenant au 2e Bataillon étranger de parachutistes (2e BEP) en Indochine, en prend le commandement.

Quant à la Compagnie de travaux Légion, elle compte 151 hommes, dont 6 officiers, 23 sous-officiers et 122 gradés et légionnaires. Ils sont répartis en une section de commandement et trois sections de travaux. La compagnie est toujours commandée par le capitaine Doussau, depuis sa formation en 1968.

 
61e BMGL - 61 BMGL - Légion étrangère - France - Paris - Draguignan - carte - position

61e BMGL - 61 BMGL - Légion étrangère - Camp Canjuers - Draguignan - carte - emplacement

61e BMGL - 61 BMGL - Légion étrangère - Camp Canjuers - Lieutenant Colonel Debent - 1972
Le lieutenant-colonel Debent, tout premier commandant du 61e BMGL. Pendant la guerre d’Indochine, il a servi comme lieutenant au 2e BEP.
61e BMGL - 61 BMGL - Légion étrangère - Camp Canjuers - Capitaine Doussau - 1971
Le capitaine Doussau, commandant la compagnie Légion du 61e BMGL. En février 1968, lui et son petit détachement – futur noyau de la CPLE – sont les tout premiers éléments à arriver à Canjuers.

 
 

Canjuers 1971-1974

La mission du 61e BMGL est de poursuivre l’aménagement du futur polygone de tir de Canjuers, appelé à devenir le plus grand camp d’entraînement militaire de France, et même d’Europe occidentale. Il s’agit d’une vaste zone de manœuvre de 35 000 hectares et d’environ 35 km de long.

Pour cette mission, le bataillon dispose d’un important parc d’engins et de véhicules. Parmi les engins, on compte notamment des bulldozers, des niveleuses, des tracteurs agricoles, des bétonnières, des chariots de forage, des concasseurs et des grues. Les véhicules comprennent des véhicules de liaison, des tracteurs routiers, des camions-bennes, des véhicules de dépannage, des sanitaires et des camions-citernes.

Le 61e BMGL doit d’abord achever la viabilisation générale de la zone du camp bâti, afin de permettre aux entreprises civiles de procéder à la construction de nouveaux casernements modernes. Il réalise ensuite les infrastructures de l’ensemble de la zone de manœuvre : les champs de tir d’Auveine, de Lagne, des Amandiers et de Chaudoin ; le réseau de pistes à chars ; les routes des Condamines ; les pistes d’accès aux cibles mobiles ; ainsi que les routes périphériques Sud et Ouest.

En outre, il faut construire une piste VTC (pour les véhicules transportant la charge nucléaire), puis achever les rocades et l’élargissement de la route départementale 955 donnant accès au camp.

Pour les besoins de tous ces chantiers – surtout pour les routes et les pistes – légionnaires et sapeurs extraient des centaines de milliers de tonnes de pierres et de gravier dans les carrières de Petorgues et de Comboutaire.

En avril 1971, l’insigne du bataillon est distribué. Quant aux hommes de la Compagnie Légion, ils conservent également leur ancien insigne, celui de la CPLE, porté conjointement avec l’insigne du bataillon. Cette pratique est bientôt adoptée aussi par les commandants du 61e BMGL, ce qui est tout à fait inhabituel.

Le fanion du bataillon arrive peu après, en mai.

En août 1971, le capitaine Doussau quitte la CTL, après trois ans et demi à sa tête. Le capitaine Cattaneo, engagé comme simple légionnaire en 1946, en prend le commandement.

En octobre 1972, le 61e BMGL change de chef : le commandant Bouchier succède au lieutenant-colonel Debent.

En mai 1973, le capitaine Cattaneo prend une retraite bien méritée, après 27 ans dans la Légion. Il est remplacé par le capitaine Gansmann.

À partir du second semestre 1973, de nouveaux chantiers figurent au programme du bataillon, notamment des travaux routiers au profit de la commune de Montferrat, située au sud du camp.

Le 11 octobre 1974, le commandant Brunet remplace le lieutenant-colonel Bouchier à la tête du 61e BMGL. Lors de la cérémonie, une route de 30 km, construite autour du camp, est inaugurée.

À cette époque, les nouvelles casernes du camp sont déjà achevées, tout comme d’autres installations (piscine, bureau de poste, cinéma, restaurant). Cela permet aux unités de l’armée de venir à Canjuers pour y effectuer leurs premiers exercices.
 

61e BMGL - 61 BMGL - Légion étrangère - Bataillon Mixte - Camp de Canjuers - Insigne - pucelle - 1971
L’insigne du 61e BMGL, créé et distribué en 1971. La grenade et les couleurs vert et rouge symbolisent la Légion ; la couleur noire, ainsi que le casque et la cuirasse, représentent le Génie. Fait intéressant, le dessin de l’insigne semble combiner des éléments des insignes des deux régiments parachutistes de la Légion, les 1er et 2e REP.

CTL - Compagnie de Travaux Légion - Légion Etrangère - Camp de Canjuers - insigne - pucelle - 1970
L’insigne de la Compagnie de travaux Légion (CTL) du 61e BMGL. L’unité conserve en effet son insigne original, créé en 1970 pour la CPLE de l’époque. Le dessin s’inspire de l’insigne de la Compagnie de sapeurs-pionniers du 1er RE (CSP/1), qui a servi en Afrique du Nord dans les années 1930.
61e BMGL - CTL - Compagnie de Travaux Légion - Légion Etrangère - Camp de Canjuers - Chariot de forage - 1973
Légionnaires de la CTL avec leur chariot de forage au camp de Canjuers, 1973.
61 BMGL - CTL - Compagnie de Travaux Légion - Légion Etrangère - Camp de Canjuers - Capitaine Cattaneo - Capitaine Gansmann - 1973
En août 1971, le capitaine Cattaneo (à gauche, avec une fourragère personnelle) devient le nouveau commandant de la CTL. En mai 1973, il prend une retraite bien méritée après 27 ans dans la Légion. Il est remplacé par le capitaine Gansmann (à droite). Grand officier de la Légion d’honneur, ancien d’Indochine et d’Algérie, quinze fois cité, Cattaneo s’était engagé comme jeune légionnaire en 1946.
61 BMGL - CTL - Compagnie de Travaux Légion - Légion Etrangère - Camp de Canjuers - Bulldozer - 1973
Bulldozer (Caterpillar D9) de la CTL au travail à Canjuers, 1973.
61e BMGL - CTL - Compagnie de Travaux Légion - Légion Etrangère - Camp de Canjuers - ferme - 1973
Une ferme occupée par une section de la CTL à Canjuers. Notez l’insigne de la compagnie sur le mur.
61e BMGL - 61 BMGL - Légion étrangère - Camp de Canjuers - Amicales des anciens - garden party - 1974
Garden-party organisée conjointement par la CTL et les anciens de la Légion issus de différentes associations (Amicales) en juin 1974 au Camp Canjuers. La photo est publiée avec l’aimable autorisation de Krzysztof Schramm, historien de l’association des anciens en Pologne (A.A.A.L.E. en Pologne) et auteur du livre Niczego nie żałuję.
61e BMGL - 61 BMGL - Légion étrangère - Bataillon Mixte - Camp de Canjuers - 1973
En 1974, une nouvelle grande cité militaire est déjà construite au camp de Canjuers par des entreprises civiles. Les troupes françaises peuvent commencer à arriver pour leurs exercices de tir réel.
61e BMGL - 61 BMGL - Légion étrangère - Bataillon Mixte - Camp de Canjuers - 1974
La nouvelle base militaire de Canjuers offrait, outre le logement et le réfectoire, une piscine, un bureau de poste, un cinéma et un restaurant.
61e BMGL - 61 BMGL - Légion étrangère - Bataillon Mixte - Camp de Canjuers - Lieutenant colonel Bouchier - Chef de bataillon Brunet - 1974
Le lieutenant-colonel Bouchier (à gauche), commandant du bataillon depuis 1972, est remplacé par le chef de bataillon Brunet le 11 octobre 1974. Les commandants du 61e BMGL sont fournis par le Génie, tandis que le commandant en second vient de la Légion.

 
 

Canjuers 1975-1978

Les années 1975 et 1976 voient la réalisation de nouveaux projets, notamment la construction d’une zone de poser d’hélicoptères, d’un parcours du combattant, d’un pas de tir pour missiles antichars MILAN, ainsi que d’installations pour des observatoires d’artillerie. Les deux compagnies de travaux créent également plusieurs pistes d’intervention et des zones de coupe-feu, dans le cadre des mesures de prévention contre les incendies.

Depuis janvier 1975, une section de lutte contre l’incendie, exclusivement composée de légionnaires, surveille en permanence l’ensemble du camp.

À la tête de la Compagnie Légion, le capitaine Gansmann est remplacé en mai 1975 par le capitaine Stemberger. Ancien légionnaire engagé en 1949, ce dernier quitte la compagnie – et la Légion – en octobre 1976. Le capitaine Pierquin lui succède.

Le même mois, en octobre 1976, le lieutenant-colonel Bissonnier prend le commandement du 61e BMGL.

En 1977, les légionnaires de la CTL achèvent d’autres constructions, dont le gué submersible de Guent (section du lieutenant Phong), le parcours de tir de Lagnes pour les chars, composé de 13 km de pistes et d’une tranchée de 720 m (section du lieutenant Mey), ainsi que le champ de tir des Amandiers (section du lieutenant Truc). La 2e section (lieutenant Bustos), avec son concasseur et ses gros camions Berliet T30, extrait, concasse et livre des milliers de tonnes de gravier pour ces chantiers.

Néanmoins, l’année 1978 marque la fin de la mission du 61e BMGL à Canjuers. En sept ans de travail acharné, le bataillon obtient des résultats impressionnants :

  • 600 000 m3 de terrassement
  • 800 000 m3 de matériaux transportés
  • 400 000 m3 de matériaux concassés
  • 110 km de routes
  • 400 km de pistes
  • 50 gués ou radiers bétonnés pour chars
  • 4 aires de bivouac et une zone de poser d’hélicoptères

 

En août 1978, le bataillon commence à quitter le camp de Canjuers où il sera remplacé par la Compagnie renforcée de travaux routiers de la Légion (CRTRLE), créée le même mois.

Simultanément, le 25 août, le capitaine Llorens prend le commandement de la CTL.

 

61 BMGL - CTL - Compagnie de Travaux Légion - Légion Etrangère - Camp de Canjuers - Capitaine Stemberger - Capitaine Pierquin - 1976
Le capitaine Stemberger (à gauche, avec le fanion de l’unité). Engagé comme simple légionnaire en 1949, il prend la tête de la compagnie Légion du 61e BMGL en 1975 et fait valoir ses droits à la retraite en octobre 1976. Le capitaine Pierquin (à droite), officier issu des unités aéroportées, lui succède.

61 BMGL - CTL - Compagnie de Travaux Légion - Légion Etrangère - Camp de Canjuers - Section Pompiers - 1976
Un groupe de la section de lutte contre l’incendie à Canjuers, 1976. Composée exclusivement de légionnaires, la section comprend cinq groupes qui surveillent l’ensemble du camp.
61 BMGL - CTL - Compagnie de Travaux Légion - Légion Etrangère - Camp de Canjuers - Sainte Barbe - 1976
Sainte-Barbe. La patronne des sapeurs français est célébrée chaque année au début du mois de décembre. Ici, la Musique de la Légion étrangère et les légionnaires de la CTL à Canjuers, début décembre 1976.
61 BMGL - CTL - Compagnie de Travaux Légion - Légion Etrangère - Camp de Canjuers - champ de tir des Amandiers - 1976
Le champ de tir des Amandiers destiné aux véhicules blindés, construit à Canjuers par la Compagnie Légion.
61 BMGL - CTL - Compagnie de Travaux Légion - Légion Etrangère - Camp de Canjuers - depart - 1978
Quelques sous-officiers de la compagnie Légion lors de la cérémonie de départ du 26 juillet 1978, marquant la fin de la mission du 61e BMGL à Canjuers. À droite, l’adjudant-chef Kiessling, qui sert comme adjudant de compagnie.

 
 

Larzac 1978-1981

En septembre 1978, le 61e BMGL s’installe au camp du Larzac (aussi connu comme le camp de La Cavalerie), près de Millau, dans l’Aveyron. Il s’agit d’un ancien camp militaire, avec une zone d’entraînement à proximité, destiné à la rénovation et à la modernisation.

Jusqu’en décembre, les aménagements nécessaires à l’installation du bataillon dans le camp sont réalisés.

Le 17 octobre, le lieutenant-colonel Bastian devient le nouveau commandant du 61e BMGL.

En 1979 et 1980, le travail bat son plein au Larzac. La tâche la plus importante est l’aménagement de l’aire ALAT (Aviation légère de l’armée de Terre) : un immense chantier de 16 hectares destiné à accueillir un régiment d’hélicoptères de combat, soit 60 aéronefs. Parallèlement, il faut également construire le réseau routier du camp, ainsi qu’un parc pour chars et véhicules.

Le 25 août 1980, le capitaine Bustos succède au capitaine Llorens à la tête de la Compagnie Légion.

Un mois plus tard, les légionnaires du 2e Régiment étranger de parachutistes (2e REP) présentent le nouveau fusil FAMAS au personnel de la CTL, qui est encore équipé du MAS 49/56.

En octobre, le commandement du 61e BMGL est confié au lieutenant-colonel Bironneau. Ancien du bataillon, il y a servi comme capitaine dès les débuts de l’unité, en 1971.

En 1981, les légionnaires de la CTL poursuivent l’aménagement de l’aire ALAT. Leurs autres chantiers comprennent cinq aires de bivouac (d’une capacité d’un régiment par bivouac) et l’aménagement du site de la future gare militaire de L’Hospitalet.

Cependant, pour des raisons politiques, les travaux au Larzac doivent être interrompus prématurément. Les unités du bataillon sont alors détachées vers d’autres affectations.

 
61e BMGL - 61me BMGL - Légion étrangère - Bataillon Mixte - Camp de Larzac - France - carte - lieu

61e BMGL - 61eme BMGL - Légion étrangère - Bataillon Mixte - Camp de Larzac - Lieutenant Colonel Bissonnier - Lieutenant Colonel Bastion - 1978
Au camp Larzac, en octobre 1978, après deux ans à la tête du 61e BMGL, le lieutenant-colonel Bissonnier (à gauche) est remplacé par le lieutenant-colonel Bastian. Notez le 61 sur ses pattes de col, au lieu de la grenade portée par les officiers de la Légion.
61 BMGL - CTL - Compagnie de Travaux Légion - Légion Etrangère - Bulldozer - 1978
Bulldozer de la Compagnie de Travaux Légion, fin 1978.
61e BMGL - CTL - Compagnie de Travaux Légion - Légion Etrangère - Millau - 1978
Détachement de la CTL à Millau, ville située à proximité du camp du Larzac, le 11 novembre 1978.
61e BMGL - CTL - Compagnie de Travaux Légion - Légion Etrangère - Camp de Larzac - Sainte Barbe - 1979
La Compagnie Légion défile lors de la fête de la Sainte-Barbe au Larzac, 1979. Depuis 2016, cet ancien camp militaire est occupé par la 13e DBLE.
61e BMGL - Fanion - Bataillon Mixte Génie Légion - Légion Etrangère - Camp de Larzac - Sainte Barbe - 1979
Le fanion du 61e BMGL, gardé par deux sous-officiers de la Légion étrangère, lors du même défilé au Larzac, en décembre 1979.
61e BMGL - 61 BMGL - Bataillon Mixte - Légion Etrangère - Lieutenant colonel Anzanel - 1980
Le lieutenant-colonel Anzanel, commandant en second du 61e BMGL de 1977 à 1979. Simple légionnaire en 1947, il prend sa retraite en 1980, après 33 ans passés dans la Légion.
61e BMGL - CTL - Compagnie de Travaux Légion - Légion Etrangère - Camp de Larzac - ALAT aire - 1980
L’immense chantier de l’aire ALAT pour un régiment d’hélicoptères, réalisé au camp du Larzac par la Compagnie Légion du 61e BMGL.
61e BMGL - CTL - Compagnie de Travaux Légion - Légion Etrangère - Camp de Larzac - Capitaine Llorens - Capitaine Bustos - 1980
Fin août 1978, le capitaine Llorens (à gauche) prend le commandement de la CTL et la transfère de Canjuers au Larzac. Deux ans plus tard, le capitaine Bustos lui succède. Ce dernier a déjà servi dans la compagnie comme lieutenant.
61e BMGL - CTL - Compagnie de Travaux Légion - Légion Etrangère - Camp de Larzac - carte - 1980
Le camp du Larzac, fin 1980. Les légionnaires de la CTL reçoivent la visite du général Lardry, alors père de la Légion étrangère.
61e BMGL - CTL - Compagnie de Travaux Légion - Légion Etrangère - Camp de Larzac - carte - 1980
Une rare carte de vœux de la Compagnie de travaux Légion, datant de 1980.

 
 

La Courtine et les Garrigues 1981-1982

Au début de juillet 1981, le bataillon se disperse et ses unités deviennent partiellement autonomes. Ainsi, la Compagnie de travaux Légion (CTL) est implantée au camp de La Courtine, dans la Creuse, tandis que la Compagnie de travaux du génie (CTG) s’installe d’abord au camp de Caylus, puis à celui de Souge, près de Bordeaux. En quelques mois, le 61e BMGL parvient à lancer onze nouveaux chantiers, répartis sur un front de 500 km, des rives de l’Atlantique à celles de la Méditerranée. Seule la CCS reste en base arrière au Larzac.

Au camp de La Courtine, les légionnaires doivent notamment construire une cible mobile pour le tir des missiles antichars MILAN. Avec leurs bulldozers D9 et D6, leurs chargeurs, leurs camions T30 et leurs compacteurs, ils déplacent 40 000 m3 de matériaux extraits d’un sol jonché d’obus, de boulets, de cartouches et d’autres projectiles du même type, accumulés au fil des décennies lors des exercices. Ces déchets exigent une attention particulière, ainsi que la présence d’une équipe de déminage.

En octobre, la compagnie doit toutefois déménager à nouveau, cette fois vers le camp des Garrigues, près de Nîmes. De la mi-novembre 1981 à la fin mars 1982, la CTL y mène d’importants travaux d’infrastructure, notamment la construction d’un champ de tir nécessitant 15 000 m³ de terrassements, la création d’une piste pour engins blindés de 7 km, l’amélioration d’un coupe-feu de 4 km et le débroussaillement de plus de 20 hectares de garrigue.

De retour au camp de La Courtine en avril 1982, les légionnaires poursuivent leurs travaux : la cible mobile pour les tirs MILAN, un village de combat, une route périphérique de 35 km au nord du camp, ainsi que diverses tranchées.

À cette époque, toutefois, la fin du bataillon approche. Le 12 juillet, au Larzac, a lieu la dernière cérémonie commune, marquant le départ officiel du bataillon du camp. L’unité se scinde alors en deux parties, séparées définitivement. La CCS et la CTG s’installent au camp de Coëtquidan avant de rejoindre le camp de Mourmelon, dans la Marne, pour y former le 72e Régiment du génie le 1er novembre. Quant aux légionnaires de la CTL, commandés par le capitaine Kampmeyer depuis la fin juin, ils restent au camp de La Courtine jusqu’à la fin octobre.

Puis, le 2 novembre 1982, au cours d’une prise d’armes au quartier Viénot, à Aubagne, la Compagnie de travaux Légion est officiellement dissoute. Son fanion est déposé au Musée de la Légion. L’histoire du bataillon qui a construit le plus grand camp militaire d’Europe occidentale s’achève.

Aujourd’hui, les infrastructures des camps de Canjuers, du Larzac, des Garrigues et de La Courtine conservent encore des traces concrètes de la remarquable efficacité des hommes de la Légion étrangère, qui réaffirment que les légionnaires sont à la fois des soldats d’élite et des bâtisseurs compétents, à l’image de leurs prédécesseurs de l’Empire romain et de leurs anciens des campagnes d’Afrique du Nord et d’Indochine.

 
61e BMGL - 61eme BMGL - Légion Etrangère - Camp de La Courtine - Camp de Caylus - Camp de Souge - Camp des Garrigues - France - situation

61e BMGL - CTL - Compagnie de Travaux Légion - Légion Etrangère - Camp de Larzac - exercice de tir - 1981
Légionnaires de la CTL lors d’un exercice militaire au Larzac, en juin 1981. Toujours équipés de l’ancien fusil MAS 49/56, ils l’utilisent jusqu’en 1982.
61e BMGL - CTL - Compagnie de Travaux Légion - Légion Etrangère - La Courtine - Renault T 30 - 1980
La CTL au camp de La Courtine, avec son camion Renault T30 et son chargeur.
61 BMGL - CTL - Compagnie de Travaux Légion - Légion Etrangère - Camp Garrigues - travaux - 1981
Hommes de la Compagnie de travaux Légion au camp des Garrigues, fin 1981. Situé à proximité de Nîmes, ce camp est actuellement géré par le 2e REI.
61 BMGL - CTL - Compagnie de Travaux Légion - Légion Etrangère - Camp Garrigues - depart - 1982
Matériel de la CTL quittant le camp des Garrigues, avril 1982.
61 BMGL - CTL - Compagnie de Travaux Légion - Légion Etrangère - Camp La Courtine - Camerone - 1982
La fête de Camerone au camp de La Courtine, le 30 avril 1982.
61 BMGL - 61e BMGL - Légion Etrangère - General Lardry - Colonel Bironneau - BMGL fanion - 1982
Le général Lardry et le colonel Bironneau, dernier commandant du 61e BMGL, à Aubagne le 9 juillet 1982, avant le départ du bataillon du camp du Larzac. À cette occasion, Bironneau remet solennellement le fanion du 61e BMGL, destiné à être exposé au Musée.
61 BMGL - 61e BMGL - Légion Etrangère - General Lardry - Colonel Bironneau - Camp Larzac - 1982
La cérémonie de départ du 61e BMGL du Larzac – sa base arrière – le 12 juillet 1982. Les hommes sont passés en revue par des officiers généraux, dont le général Lardry (à gauche) et le colonel Bironneau (deuxième à partir de la gauche). Le bataillon mixte est ensuite officiellement scindé en deux entités autonomes.
61 BMGL - 61e BMGL - CTL - Compagnie de Travaux Légion - Légion Etrangère - Capitaine Kampmeyer - Aubagne - prise d'armes - 1982
À droite, le fanion de la Compagnie de travaux Légion du 61e BMGL – sous les ordres du capitaine Kampmeyer (à gauche) depuis le 28 juin 1982 – lors de la dissolution de l’unité à Aubagne le 2 novembre 1982. L’épopée du BMGL s’achève.

 
 

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Principales sources d’informations:
Képi blanc revues
Pierre Dufour: Génie-Légion (Lavauzelle, 2000)
Wikipedia.org

 
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L’article original : 61st Engineer Legion Mixed Battalion

 

 

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La page a été mise à jour le : 10 janvier 2026

 

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